The idea of the Arab Maghreb

L'idée d'unir les destinées des pays du Maghreb arabe existe depuis longtemps et a pu résister à tous les facteurs négatifs qui s'y opposaient. Les pays de la région possèdent, en effet, la même composition ethnique et ont eu à partager, au fil des époques, le même combat contre les envahisseurs. La conquête musulmane est ensuite venue renforcer les chances d'unification de la région, en introduisant deux données spécifiques, à savoir la langue arabe et la religion musulmane, qui ont résisté jusqu'à nos jours, en dépit des divers courants d'influence que cette partie du monde a eu à connaître au fil de l'histoire.

 

Ce sont ces deux données qui ont contribué dans une large mesure à l'unification de la région du Maghreb arabe, sous la dynastie des Almoravides et celle des Almohades. Elles ont également concouru, de manière à la fois directe et efficace, à favoriser le combat commun contre tous les envahisseurs que la région a eu à affronter.

Le sentiment d'appartenance à un seul et même espace géographique, politique, linguistique et religieux, a poussé les pionniers du mouvement patriotique, à puiser dans l'idée de création d'un Maghreb arabe unifié un puissant stimulant du combat nationaliste dans chaque pays, en même temps qu'un axe fondamental de leur lutte commune.

Cet espoir s'est traduit par un ensemble d'initiatives concrètes telles que le Bureau du Maghreb Arabe que présidait le leader marocain Mohammed Ben Abdelkarim Al Khattabi, et les manifestations qui déferlèrent un peu partout dans les rues des capitales des pays maghrébins à la suite de l'assassinat du leader syndicaliste Farhat Hached, en 1952.

Ces manifestations devaient marquer un tournant essentiel dans le combat nationaliste commun des pays maghrébins pour s'affranchir de l'emprise coloniale.

En 1957, s'est tenu le congrès de Tanger, à la suite de l'accession de la Tunisie et du Maroc à l'indépendance, alors que l'Algérie livrait une guerre difficile contre la puissance coloniale. Ont pris part à cette rencontre, les trois partis qui avaient mené le combat nationaliste en Tunisie, en Algérie et au Maroc, à savoir le Parti du Néo-Destour (Tunisie), le Parti de l'Istiqlal (Maroc) et Parti du Front de LIbération Nationale (Algérie). Au cours de ce congrès, les participants confirmèrent leur volonté d'édifier l'unité du Maghreb Arabe et d'affronter collectivement tout ce qui pouvait s'opposer à cette édification.

Cette option devait se consolider à la suite de l'accession de la Mauritanie à l'indépendance, en 1962, et de l'adhésion de la Libye à l'Union du Maghreb Arabe, qui a vu le jour en vertu du traité de création adopté le 17 février 1989.

Depuis cette date, la Tunisie s'est employée activement à aplanir tous les obstacles qui pouvaient surgir sur la voie de l'unification des rangs maghrébins.

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